Objectif : repérage et extraction d’un point de ravitaillement signalé.
Zone : Plaine Rouge, secteur des dunes.
Conditions : lumière faible, fin d’après-midi, vent sec et poussiéreux. Terrain instable et mouvant.
Participants : moi, Ethan.
On avance à pas mesurés. Le vent soulève la poussière rougeâtre, elle brûle la gorge. Je scrute les dunes, les creux, les silhouettes mouvantes. Ethan est devant, insaisissable comme toujours. Je sens son regard parfois se poser sur moi, comme un défi. Méfiance. Toujours.
Les traces au sol sont rares. Le sable efface vite tout. On suit une vieille piste, peut-être une chance. Le ravitaillement doit être là, mais les lieux sont piégés. J’ai placé quelques fils de fer tranchants entre deux rochers secs. J’espère qu’ils tiendront. J’ai aussi calé un déclencheur à bascule en bordure d’une crevasse cachée.
À mi-chemin, je repère une odeur de métal chaud, signe qu’un feu récent a consumé du carburant. Mauvais signe. Peut-être un groupe ennemi est passé avant nous. Je serre le couteau. Ethan ralentit, il regarde derrière. Je perçois dans son attitude une tension différente. Il sent quelque chose.
Puis il disparaît.
Un instant de silence, puis… plus rien. Pas de cri, pas de bruit. Juste le vent et la poussière qui couvre tout. Je crie son nom. Rien. Je fouille les dunes, jusqu’à la tombée de la nuit. Pas de trace. Pas de signe.
Je me fige dans le silence rouge. L’angoisse serre la poitrine. Le sable crisse sous mes bottes. Je sens les yeux des Ombres sur moi.
« Emily… Lucas… je vous ai laissé. Encore. »
Je ne sais pas si Ethan a fui, s’il est tombé dans un piège, ou pire. J’ai pensé à courir après, mais la plaine est un piège mortel. Je dois choisir : chercher ou rentrer avec ce que j’ai.
Le lance-pierres est chargé, le carnet dans la poche. Je note les coordonnées approximatives. Pas de ravitaillement. Juste le vide et le doute.
Je poursuis seul, la nuit me dévore. Le silence est un piège.
Les pièges ont tenu, mais sans Ethan, ils ne servent à rien. Le vent emporte mes pensées. J’entends au loin un sifflement faible, peut-être un corbeau. Ou pire.
Je marche, l’esprit part en éclats. Je murmure leurs noms pour ne pas sombrer.
Rien n’est fini. Rien n’est sûr.