La falaise s’est mise à vibrer. un glissement. ou une alerte.

Objectif : repérage et sécurisation d’un passage clé vers le nord de La Carrière.

Zone : falaises sud-est, bordure de La Carrière.

Conditions : lumière faible, fin d’après-midi, ciel chargé, vent froid. Terrain instable, rochers friables.

Participants : seul.

Les pas crissent sur la terre sèche, mêlés au souffle du vent qui remue les herbes mortes. Je suis prudent. Chaque caillou déplacé peut trahir ma présence. Le silence pèse, parfois rompu par le cri lointain d’un corbeau. L’odeur âcre de la rouille et du béton pourri flotte encore dans l’air.

Mon regard balaie la falaise. Elle tremble. Vibrations sourdes contre le sol, presque imperceptibles au début. Puis plus nettes. Le fracas commence, un grondement sourd qui fait vibrer la roche sous mes bottes. La terre cède. Glissement ? Effondrement partiel ? Ou une autre menace ?

Je recule d’un pas, le couteau prêt. Je sens la tension monter, le cœur qui s’accélère malgré moi. Ce n’est pas la première fois que la nature se rappelle à moi avec violence. Mais là, c’est différent. L’instinct hurle. Quelque chose vient. Pas seulement la falaise.

J’installe rapidement un piège à mâchoires, près d’un passage probable. Pas le temps de faire mieux. Mon lance-pierres chargé, prêt à hurler la mort en silence. Le vent me fouette le visage. Mes doigts sont engourdis. La fatigue s’accroche.

Les traces au sol sont fraîches : pas humains, pas rôdeurs. Gros, lourds, presque mécaniques. Je serre les dents. Pas de doute. Grim et ses Corbeaux rôdent dans le secteur. Leur présence change la donne. Ils sont la vraie menace, pas la roche.

Je me fige, guettant le moindre son. Mon esprit en alerte maximale. Les oiseaux se taisent. Même le vent semble retenir son souffle.

Le silence pesant s’épaissit autour de moi, et chaque ombre semble murmurer des souvenirs d’horreur. Les frissons d’une angoisse palpable m’envahissent, alors que je me remémore les histoires de ceux qui ont osé s’aventurer dans des lieux interdits. Des récits tels que On a glissé dans un conduit effondré des hauts-froids résonnent dans mon esprit. Ces téméraires ont rencontré des forces qu’ils ne pouvaient ignorer, et moi, je suis là, piégé par mes propres démons.

Le craquement d’une branche me tire de mes pensées, et je frémis. Cette terreur sourde qui m’entoure semble s’intensifier. Parfois, les ombres ne sont pas que le fruit de l’imagination. Elles vivent, elles respirent, et elles s’accrochent à ceux qui osent les défier. “Lucas… Emily… je vous vois dans chaque ombre, chaque craquement. Je n’ai pas pu vous sauver. Pas cette fois non plus.” Ces mots résonnent comme un écho de désespoir, me rappelant que chaque pas peut être le dernier. Quelles vérités se cachent dans ces ténèbres ?

“Lucas… Emily… je vous vois dans chaque ombre, chaque craquement. Je n’ai pas pu vous sauver. Pas cette fois non plus.”

Une douleur sourde dans la poitrine. Je serre le pendentif contre ma peau. Ça aide. Un peu.

J’entends enfin des pas lourds, métalliques, suivis d’une voix rauque et de rires cruels. Je me cache derrière un amas de pierres, le souffle coupé. Le piège est prêt. Le premier qui s’aventure trop loin tombera dedans. Puis, silence. Trop longtemps.

Je doute. L’attente me ronge. Dois-je attaquer ? Fuir ? Rester invisible ? La falaise gronde encore. Un souffle de poussière monte. Le sol tremble sous mes pieds.

Rien ne bouge. Juste ce silence pesant. Une menace diffuse qui s’épaissit.

Je note. Je reste sur place. La nuit va tomber bientôt. Et avec elle, les Ombres.

Etat : fatigue accrue. Douleur au cœur plus vive. Esprit en alerte, mais menacé.

Equipement : lance-pierres prêt, piège installé mais fragile, couteau intact. Pendentif serré.

Décision : rester en observation. Attendre. Ne pas céder à la provocation.

La falaise continue de vibrer. Moi aussi. Mais pour combien de temps ?

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