Mira a refusé d’entrer dans l’ancien silo au centre de la plaine rouge

Le silo. Vieux monstre rouillé planté au milieu de la plaine. Vestige d’une industrie morte, mais parfait pour surveiller les alentours. Objectif : vérifier s’il reste des survivants ou des pièges, prendre position si possible.

Je suis en avance. Mira suit, silencieuse, ses pas mesurés sur le sol craquelé. Elle ne parle pas. Je sens sa tension, comme une lame prête à frapper. Je garde le lance-pierres à portée de main, la main droite crispée sur le poncho.

Le vent agite les feuilles mortes, souffle de métal rouillé. Odeur de fer et de poussière. Rien de vivant, pas encore.

On contourne le silo. Entrée obstruée par des débris, mais pas infranchissable. Mira bloque. Elle secoue la tête, voix basse et ferme :

— J’y mets pas les pieds. Piège. C’est un traquenard.

Je sens le poids de son regard, accusateur et inquiet. Je sais pourquoi. Le silo, c’est un endroit fermé. Parfait pour une embuscade. Mais aussi pour un piège à feu ou une cage de rôdeurs.

Je fouille autour, pose quelques fils de fer tranchants, déclencheurs à bascule camouflés sous la poussière rouge. Rien ne bouge. Silence lourd.

Je lui propose d’entrer, de jeter un œil rapide. Elle serre les dents, refuse encore. Son manteau noir flotte derrière elle, ombre mouvante. Je n’insiste pas. Ce n’est pas mon combat aujourd’hui.

Alors que l’ombre de son manteau s’éloigne, je me sens tiraillé par le poids de cette rencontre. La tension dans l’air est palpable, comme si le monde alentour retenait son souffle. Je repense à l’incident récent, où des dangers similaires avaient surgi à l’improviste, rappelant que chaque choix peut avoir des conséquences. La solitude des lieux me confronte à la réalité de l’abandon, mais aussi à l’invisible menace qui rôde à chaque coin de rue.

Me calant contre le vieux conteneur, les pensées s’entrechoquent. Les traces fraîchement marquées sur le sol me rappellent que la vie continue malgré tout, que d’autres âmes croisent ce chemin. L’odeur de poudre, bien que faible, suggère une activité récente, peut-être même une lutte. Chaque détail compte dans cet environnement hostile. Qui est passé ici, et pourquoi ? Ces questions résonnent alors que l’adrénaline commence à grimper. L’observation devient une nécessité, une stratégie pour appréhender ce qui m’entoure.

Je me cale contre un vieux conteneur, observe. Le sol est marqué par des traces fraîches — pas de rôdeurs, mais des bottes. L’odeur de poudre est faible, récente. Quelqu’un est passé ici.

Un bruit métallique au loin. Je tends l’oreille. Peut-être un piège qui saute, ou un rôdeur maladroit. Mira se fige à mes côtés. Je n’aime pas ce silence.

« Je les ai vus, Emily, Lucas… leurs yeux vides, la chair pendante… Et moi, incapable de les sauver. »

Je ferme les yeux un instant. La douleur au cœur se rappelle à moi. Le pendentif froid contre ma peau.

Mira me lance un regard. Pas de reproche, juste une ombre de compréhension. On avance prudemment, contourne le silo une dernière fois. Pas d’autre passage. Pas d’ennemis visibles.

On replie les pièges. Je note la nécessité de revenir, mieux préparé, avec plus d’aide. La plaine rouge n’est pas morte, elle respire encore sous ses cendres.

On se sépare sans un mot. Elle disparaît dans les ombres du terrain instable. Je reste, le corps tendu, l’esprit en alerte.

Le silo reste là, gardien muet. Un piège ou un refuge ? Je ne sais pas. Pas encore.

Résultat : mission incomplète, zone à risque confirmé, nécessité d’un assaut coordonné.

Doute : Mira et moi ne sommes pas sur la même longueur d’onde. Son refus pourrait coûter cher.

Le vent soulève la poussière rouge et le silence. Je serre le poing. Le poids de l’incertitude m’écrase.

La Carrière ne pardonne pas. Pas aujourd’hui. Pas encore.

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