Les oiseaux se sont tus juste avant que clara ne chute

Dès l’entrée, l’air est lourd. Pas un chant d’oiseau. Rien. Juste ce silence oppressant qui s’installe avant la tempête. Les traces au sol sont fraîches, humaines. Pas de rôdeurs pour l’instant, mais ça sent le piège. Mira serre les poings, prête à bondir. Clara avance lentement, les yeux grands ouverts, comme si elle cherchait à lire dans l’ombre.

Je pose un piège à mâchoires dans un couloir étroit, camouflé sous des feuilles mortes. S’il y a du monde, il tombera dedans. Sauf si c’est eux, les Corbeaux. Dans ce cas, ils auront déjà tout prévu.

On avance en file indienne, pas un bruit. J’entends le craquement lointain d’une planche qui cède, peut-être un rôdeur ou un survivant maladroit. Rien ne bouge, mais le silence est une menace à lui seul.

Clara reste à l’arrière, son souffle s’accélère. Elle se fige brusquement, le regard fixé en hauteur. Je tourne la tête. Aucun mouvement visible. Puis, un frisson me traverse. Les oiseaux, qui jusque-là murmuraient au loin, se taisent d’un coup.

« Je l’ai vu tomber. Emily. Lucas. Sous mes yeux. Leurs cris étouffés par le silence de la forêt. »

Un faux pas de Clara. Sa jambe glisse sur une plaque de métal rouillé, instable. Elle chancelle, déséquilibrée. Je tends la main, mais elle dévale une pente abrupte, heurtant le sol avec un bruit sourd.

Mira est déjà à ses côtés, calme, rapide. Son manteau noir se fond dans la pénombre. Je descends en vitesse, mon cœur tambourine. Clara grogne, douleur au flanc, mais consciente. Je sens la tension monter, comme une corde tendue prête à lâcher.

Je vérifie le périmètre. Personne, aucune trace d’ennemis. Juste ce silence qui pèse. J’ordonne de faire vite. On ramène Clara à l’abri, un vieux container camouflé par des débris.

Je note dans mon carnet, mains tremblantes : piège à mâchoires non déclenché. Traces fraîches d’humains inconnus. Probable surveillance ennemie.

Mira me lance un regard dur, presque un reproche. Elle ne parle pas, mais je sens qu’elle doute. Moi aussi.

Le pendentif de ma femme contre ma peau. Je murmure leurs noms, comme un mantra contre la peur.

La mission est compromise. Extraction partielle. On perd du temps. Je déteste ça.

Le ciel s’obscurcit. La nuit tombe vite ici, entre béton et barreaux rouillés.

Rien n’est sûr. Rien.

Les ombres avancent. Je les entends.

Le silence va bientôt se briser.

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