Objectif : Reconnaissance et extraction de matériel radio.
Zone : La Carrière – ancienne usine partiellement effondrée.
Conditions : Brouillard dense, sol instable, lumière faible.
Participants : Seul.
Entrée dans la zone à l’aube. Brouillard épais. La lumière filtre à peine à travers les fissures du plafond en béton. Pas de vent, juste ce silence mouillé, qui colle à la peau. L’odeur âcre de rouille et d’huile rance. Les rats grignotent dans l’ombre, mais il y a autre chose. Quelque chose de plus lourd, qui traîne.
Repère les débris, traces fraîches au sol. Pas de rôdeurs. Pas encore. Mais les empreintes humaines sont là, fraîches, presque trop nettes pour des maraudeurs : des pas légers, des bottes en caoutchouc, traces de pneus. Quelqu’un est passé récemment. Peut-être Grim ou ses corbeaux.
Pose un piège à mâchoires artisanales près d’un comptoir effondré, là où le sol est creusé par l’eau stagnante. Le ressort crisse un peu trop fort, je le note mentalement. Pas parfait. Le silence ne doit pas être brisé. Je recouvre avec des débris et des feuilles mortes.
Progresser sur des poutres branlantes. Chaque pas pèse. Le bois craque, menace de céder. Je garde le couteau à portée, prêt à couper un câble ou une corde si besoin. Je repère une vieille radio, partiellement fonctionnelle. Le but est là. Fragile. Le fil d’alimentation est coupé. Je fouille la pièce voisine.
Je prends une profonde inspiration, la tension palpable dans l’air. Chaque mouvement doit être mesuré, chaque bruit évité. La radio, bien que défectueuse, pourrait receler des secrets du passé de cette usine. La curiosité me pousse à y réfléchir, tout en gardant l’oreille attentive aux sons environnants. C’est alors que je me souviens d’un étrange événement survenu ici, évoqué dans Un sifflement à travers les grilles de ventilation rouillée. Ce récit me revient en mémoire, ajoutant une dimension supplémentaire à ce lieu déjà chargé d’histoires.
En fouillant la pièce voisine, le bruit d’un objet tombant me fait sursauter. La poussière s’élève, masquant la lumière vacillante. La radio pourrait bien être la clé pour comprendre ce qui se cache ici, mais le danger est imminent. Les grognements s’intensifient, comme un avertissement. Chaque seconde compte. L’adrénaline monte alors que je réalise que l’usine, autrefois silencieuse, n’est plus qu’un souvenir. Le présent devient une lutte pour la survie. L’heure est venue d’agir, mais où se cacher lorsque l’ombre s’approche ?
Un fracas soudain derrière moi. Cœur rate un battement. Un pan de mur s’effondre, soulevant poussière et gravats. J’entends des grognements étouffés. Ombres mouvantes. Rôdeurs. L’usine se réveille.
Course, saut, glissade. Le piège déclenche un claquement sec. Une jambe se fait happer. Bon. Au moins un ralentit. Je presse le pas, le souffle court, muscles tendus. La douleur dans le bras gauche me revient, sourde mais insistante. Ce n’est pas le moment.
“Emily… Lucas… Ne pas faiblir.”
Sur le chemin du retour, j’entends un murmure, un souffle. Une voix ? Non. Juste le vent dans les décombres. Mais le doute s’installe. Quelqu’un m’observe. Ou pire, attend.
La radio est dans le sac. Je n’ai pas tout ce que je voulais, mais c’est mieux que rien. Le piège a fait son effet, même imparfait. J’ai laissé des traces, des indices. Je devrai revenir, mieux préparé.
Sortie de la zone sans accroc. Brouillard toujours là. Je presse le pas vers le campement. Le poids du silence est lourd. La nuit sera courte.
Piège imparfait. Rôdeurs plus proches que prévu. Quelque chose cloche dans ces ruines. Pas seulement la menace des Ombres. Quelqu’un d’autre. Un regard dans l’obscurité. Une présence.
La Carrière ne lâche rien. Moi non plus. Pas encore.