On a remonté la piste d’un rôdeur solitaire. jusqu’à la mauvaise conclusion.

Je pars à pied, poncho rabattu, lance-pierres chargé. J’ai repéré des traces fraîches sur un sol boueux, empreintes irrégulières, déformées par la pluie récente. Pas de doute, un rôdeur solitaire avance vers l’est, probablement blessé ou fatigué.

Le terrain est traître : tôles rouillées, plaques branlantes, câbles pendants. Je pose un piège à mâchoires artisanales près d’un passage étroit, camouflé sous les feuilles mortes. Si la bête s’y prend, ça ralentira la poursuite.

Je progresse lentement, en silence. Le vent me porte l’odeur âcre de la décomposition mêlée à celle du métal chaud. Un sifflement lointain, peut-être un corbeau ou un sifflet à distance mal réglé. Je reste sur mes gardes.

À un moment, je surprends un bruit de pas discrets, humains. Je me fige. Rien. Juste un souffle court. Peut-être un mirage. Ou une embuscade. Je serre le couteau.

Je poursuis, les yeux rivés au sol, cherchant des éclats de chair ou des poils accrochés aux branches. Le rôdeur a laissé des traces de sang séché, signe qu’il est affaibli. Mon cœur s’accélère. Pas à cause de la peur. Plutôt un mélange de colère froide et de tristesse.

Je revois Emily, ses yeux terrifiés, Lucas criant derrière elle… Pourquoi j’ai pas bougé ?

J’arrive près d’un ancien entrepôt, le cœur de la zone. Le piège est intact. Trop calme. Je tends l’oreille. Aucun grognement. L’ombre d’un mouvement dans la pénombre. Je me déplace à pas feutrés, prêt à décocher une fléchette empoisonnée.

Soudain, un bruit de pierre roulante. Je me baisse. Le piège s’est déclenché. Pas sur le rôdeur. Sur un chien errant, maigre, haletant. Il gémissait. Rien d’autre.

Je maudis mon erreur. Le piège a fonctionné, mais pas contre la cible. Le chien s’enfuit en boitant. L’ombre s’éloigne aussi.

Je poursuis encore une heure. La nuit tombe. Je finis par tomber sur des ossements, un crâne humain à moitié rongé. Pas de rôdeur. Juste un piège du passé.

Je doute. Ai-je vraiment suivi la bonne piste ? Ou ai-je laissé mon esprit jouer des tours ?

  • La piste du rôdeur solitaire s’est perdue au détour d’un piège.
  • Aucun contact direct, aucune confrontation.
  • Ressources : zéro.
  • Piège utilisé, mais mal placé.
  • Fatigue croissante, esprit en alerte permanente.
  • Doute : ce rôdeur existait-il vraiment ? Ou n’était-ce qu’un leurre ?
  • La Carrière reste imprévisible. Chaque ombre peut être mortelle.
  • Besoin de recalibrer les pièges, moins de précipitation.
  • La solitude pèse. Parler à un chien aurait été moins cruel que ce silence.
  • La peur me ronge, mais je dois avancer.

“Ils ne m’ont pas laissé le choix. Je dois survivre. Pour eux. Même si ça fait mal.”

Fin incertaine. Le vent emporte les bruits. La traque continue, peut-être vaine.

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