Objectif : repérage, identification d’une possible présence humaine.
Zone : forêt dense au sud de La Carrière.
Conditions : matin brumeux, humidité élevée, sol glissant, lumière faible filtrée par le feuillage.
Participants : seul.
Je marche lentement, le sol spongieux sous mes bottes. La brume mord à la peau, rend les sons sourds, déformés. Pas de vent. Juste un silence lourd, oppressant. J’ai repéré une trace : un arbre marqué, un symbole gravé à la hache. Quelqu’un est passé ici récemment. Pas de doute.
Pas d’odeur de fumée, pas de fumée visible. Pas de feu. Pas de trace de campement. Juste ce signe. Un message codé, peut-être. Ou une menace.
J’approche, sans bruit. La marque est fraîche. L’écorce saigne une sève sombre. Un cercle, entouré de trois traits. Ça rappelle les signes qu’on utilisait en unité, pour indiquer danger ou rassemblement.
Mes doigts tremblent. Je retire le poncho humide et griffé, essuie la lame du couteau sur mon pantalon. Je note tout dans mon carnet, griffonne un croquis rapide.
Je tends l’oreille. Au loin, le râle d’un rôdeur. Une ombre mouvante entre les troncs. Je m’accroupis, prépare un piège à mâchoires, dissimulé sous un tapis de feuilles. Si c’est un humain, il passera dessus. S’il s’agit d’un rôdeur, pareil.
Le cœur me serre. Je pense à Emily et Lucas. Leur visage, figé dans l’horreur. Je murmure leur nom, mais la voix me lâche presque.
« Emily… Lucas… Je n’ai pas pu vous sauver. Pas cette fois. »
Je secoue la tête, chasse le passé. Ici, maintenant, faut avancer.
J’avance encore, en silence. Le terrain devient plus instable, racines noueuses, pierres glissantes. Je pose des fils de fer tranchants entre deux arbres, à hauteur de ventre. Un piège simple, mais efficace.
Alors que le brouillard enveloppe le paysage, une tension dans l’air semble annoncer une présence. Chaque bruit résonne, amplifié par l’absence de lumière. Les ombres, déjà aperçues à la lisière des champs muets, se déplacent furtivement, rendant l’atmosphère encore plus oppressante. L’instinct pousse à rester sur ses gardes, chaque pas mesuré. Les pièges, bien que rustiques, sont essentiels pour se prémunir des dangers qui peuvent surgir à tout moment.
Les empreintes marquées dans le sol boueux trahissent une activité récente. L’inquiétude s’installe : qui a pu traverser ce territoire ? Les empreintes, plus petites que celles d’un rôdeur, suscitent des interrogations. Est-ce un enfant, perdu au milieu de cette obscurité, ou un adulte en quête de quelque chose ? Les réponses se cachent dans le brouillard épais, et chaque seconde qui passe renforce l’urgence de découvrir ce qui se trame. Pour explorer davantage ces mystères, il vaut mieux consulter l’article sur les ombres dans les champs muets. Les secrets de cette nuit ne demandent qu’à être révélés.
Je remarque des empreintes récentes, pas de rôdeur. Plus petites. Un enfant ? Un adulte ? Impossible à dire avec le brouillard.
Je suis sur mes gardes. Pas de Mira, pas d’Ethan. Trop risqué de s’exposer. Seul, c’est plus sûr.
Un craquement à droite. Je me fige. Rien. Juste un corbeau qui s’envole.
Je continue, le souffle court. Mes yeux piquent. La fatigue me rattrape. La blessure au bras gauche me rappelle combien je suis vulnérable.
La marque sur l’arbre reste gravée dans mon esprit, comme un message funeste. Quelqu’un est là, dans l’ombre de cette forêt. Quelqu’un qui connaît la Carrière. Un allié ? Un ennemi ?
Je recule prudemment vers une zone plus dégagée, où j’ai posé un piège à feu, prêt à déclencher.
Le silence revient. La forêt semble retenir son souffle.
Je note dans mon carnet, à la hâte, les détails des pièges, des traces, des signes.
Le doute me ronge. Cette marque, ce signe, c’est un appel. Ou un piège.
Le vent se lève, emporte mes mots, mes pensées, et avec eux, la fragile paix d’un instant.
Je reste là, immobile. À l’affût.
Le jour se lève à peine.
Rien n’est gagné. Rien n’est sûr.