Un nid de rôdeurs dans une serre abandonnée aux champs muets

Objectif : Repérage et piégeage.

Zone : Champs Muets, serre abandonnée au bord des marais.

Conditions : Brouillard dense, humidité étouffante, sol glissant, lumière faible.

Participants : Seul.

L’air est lourd, l’odeur de terre mouillée et de végétation morte me serre la gorge. À chaque pas, la boue colle à mes bottes. Le brouillard écrase le monde, réduit tout à des silhouettes floues. Je sens plus que je vois. Silencieux, je glisse parmi les ruines de verre brisé, entre les carcasses rouillées des anciennes tables de culture.

Les traces sont là. Des pas traînants, irréguliers, mêlés à des empreintes plus petites et plus rapides. Les Ombres. Un nid. Le cœur se serre. Piège à mâchoires prêt, fils de fer tendus. Je teste le déclencheur. Trop sensible. Je réajuste, la patience est mon alliée.

Un craquement. Un râle étouffé. Je me fige. Rien. L’angoisse me ronge. L’odeur de chair putréfiée, mêlée à l’humidité, me remonte au nez. Le silence est lourd. Le piège est là, mais seront-ils assez idiots pour tomber dedans ?

Je revois Emily. Son cri, le chaos, les griffes. Lucas qui se débat. Je n’ai rien pu faire. Rien.

Je serre le pendentif dans ma poche. L’unique lien qui reste.

Avance lente. Chaque pas calculé. Le sol boueux trahit mes mouvements. J’essaie de camoufler, écrasant les feuilles mortes pour masquer ma trace. L’odeur métallique du lance-pierres. Je recharge silencieusement.

Les bruits de la nature semblent s’évanouir au fur et à mesure que l’adrénaline monte. Chaque mouvement est une danse furtive entre survie et instinct. Dans ce monde où les ombres sont apparues à la lisière des champs muets, l’environnement devient aussi hostile qu’imprévisible. La concentration est primordiale; chaque bruit, chaque ombre peut signifier un danger imminent. La tension monte alors que le bruit des rôdeurs, avec leur démarche désarticulée, se rapproche. Un frisson parcourt l’échine, mais la stratégie doit primer sur la peur.

Dans un monde aussi imprévisible, l’art de la dissimulation devient essentiel. Les pièges, semblables à ceux décrits dans les ombres sont apparues à la lisière des champs muets, s’avèrent être des alliés précieux. La préparation d’une fléchette empoisonnée n’est qu’un des nombreux moyens de se défendre contre la menace grandissante. La ruse est le meilleur des atouts. La confrontation est inévitable, mais le choix de l’attaque pourrait faire la différence entre la vie et la mort.

Un bruit derrière un mur de verre fissuré. Je me baisse, observe. Trois rôdeurs, lents, maladroits, mais nombreux. Ils s’entassent, attirés par un vieux sifflet à distance que j’ai activé. Ils tombent dans le piège, la mâchoire claque sur la patte d’un d’eux. Un gémissement sourd. Je ramasse un clou, prépare une fléchette empoisonnée.

Le plan tient. Je lutte contre l’envie de faire un carnage. Rester discret, garder la tête froide.

Une odeur de brûlé. Je repère un coin de la serre où j’ai allumé un piège à feu, branches sèches et huile. L’incendie est minime, mais ça suffit à masquer ma présence et à ralentir d’autres Ombres. Fumée épaisse, suffocante. Je tousse.

Soudain, douleur dans la poitrine. Pas l’habitude, mais ça serre fort, rapide. Respiration coupée. Je m’appuie contre une vieille table. Le monde vacille un instant. Je me redresse, serre les dents.

“Tu as failli trahir. Tu l’as vu, mais tu es resté là à regarder.”

La voix, fantôme du passé, ramène la culpabilité comme une lame.

Je chasse tout ça. Mission avant tout.

Je n’ai rien vu d’humain. Pas de Mira, pas d’Ethan. Trop risqué, trop silencieux aujourd’hui.

Le nid est neutralisé, mais probablement temporairement. Ces lieux seront repris. Toujours. Je note les emplacements, nettoie les pièges pour la prochaine fois.

Je quitte la serre, le brouillard s’épaissit. Silence oppressant, seuls mes pas résonnent. Le doute persiste. Mes forces déclinent. J’espère que la nuit me laissera un peu de répit. Mais les Ombres ne dorment jamais.

Le carnet se ferme. Pas de victoire, pas de paix. Juste un autre jour à tenir.

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